Syrie: Raqa secouée par des frappes aériennes, avancée des forces anti-EI


La ville syrienne de Raqa était secouée lundi par de violents bombardements et combats, alors que les forces soutenues par Washington ont affirmé avoir repris un nouveau quartier dans ce fief du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Echanges de tirs, bombardements de l'artillerie et frappes aériennes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis pouvaient être entendus dans les quartiers ouest de Raqa, une cité capturée par l'EI en 2014.

Selon la journaliste de l'AFP sur place, il s'agit des bombardements les plus intenses depuis une semaine.

D'épais nuages de fumée noire obscurcissaient le ciel de la ville septentrionale, dans laquelle des maisons en béton étaient détruites et le minaret d'une mosquée endommagé.

"Nos amis américains bombardent au mortier", a déclaré un combattant des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde appuyée par la coalition, après une série d'explosions près de la ligne de front dans l'ouest de la ville.

Présente auparavant dans la ville de Jazra, dans la banlieue ouest, la journaliste de l'AFP a vu des forces de la coalition et des combattants des FDS frapper ensemble à l'artillerie des positions de l'EI à Raqa.

Les FDS mènent depuis huit mois une offensive en vue de reprendre Raqa où elles ont fini par pénétrer le 6 juin et pris le contrôle de plusieurs quartiers.

Les FDS ont annonce lundi la prise d'un nouveau quartier.

- Avancée "prudente" -

"Le quartier de Yarmouk a été libéré" dimanche, a déclaré à l'AFP Jihane Cheikh Ahmed, une porte-parole des FDS, s'exprimant dans la ville d'Ain Issa à environ 50 kilomètres au nord de Raqa.

L'opération pour la conquête de Raqa "se poursuit mais il y a des affrontements violents", a-t-elle ajouté.

"Nous avançons prudemment. Ce qui nous importe n'est pas la rapidité mais de libérer les civils et d'éliminer Daech", a-t-elle assuré en utilisant un acronyme en arabe de l'EI.

Les jihadistes opposent une farouche résistance aux FDS, en ayant recours notamment à des bombes, des engins piégés et des drones munis de charges explosives.

Les combattants des FDS ont entendu un vrombissement sourd lundi et commencé à apercevoir quelque chose dans le ciel.

"C'est un drone de Daech", a lancé l'un d'eux.

La progression des FDS est également ralentie par les mines laissées par les jihadistes, qui menacent également les civils tentant de fuir la cité.

"Il y a eu beaucoup de victimes, parmi les combattants et les civils, à cause de ces mines", a indiqué à l'AFP un commandant des FDS.

"Hier, nous avons enterré six civils tués dans l'explosion d'une mine alors qu'ils tentaient de s'échapper", a-t-il ajouté.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les FDS ont progressé dans Yarmouk, vaste quartier à la périphérie sud-ouest de la cité, mais ne le contrôlent pas encore totalement.

- 500 civils "libérés" -

Les FDS tiennent la partie ouest du quartier, mais de violents combats se poursuivent ailleurs dans le secteur, a indiqué l'OSDH.

En outre, des centaines de civils ont fui les zones de la ville tenues par l'EI vers celles prises par les FDS ces dernières 48 heures, a ajouté l'ONG, en disant que l'alliance arabo-kurde avait pris environ 35% de la ville aux jihadistes.

Les FDS ont de leur côté annoncé sur les réseaux sociaux "être parvenues à libérer environ 500 civils qui étaient pris au piège dans les quartiers d'Al-Dariya et d'Al-Tayar, ainsi que 150 autres de la vieille ville.

Selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, un flux constant de civils fuient les quartiers encore tenus par les jihadistes qui contrôlent également encore d'autres secteurs de la province de Raqa.

Les frappes de la coalition internationale anti-EI ont tué au moins trois civils lundi, selon l'OSDH.

Le conflit syrien a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés depuis mars 2011.

Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit s'est complexifié avec l'implication de différents acteurs régionaux et internationaux ainsi que des groupes jihadistes sur un territoire morcelé.

© 2017 Agence France-Presse
 
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