Lisbonne

LISA AZUELOS - Le très attendu biopic “Dalida” vient de sortir en salle au Portugal

Alors que le biopic sur la chanteuse Dalida est actuellement à l’affiche des cinémas français, le public portugais peut aller le voir en salle depuis le 13 avril. Plus que sa carrière, c’est la vie personnelle de cette artiste qui est dévoilée dans le film. Lepetitjournal.com/Lisbonne a rencontré la réalisatrice, Lisa Azuelos, pour comprendre les enjeux de l’élaboration de ce long métrage.
 
Dalida : la femme derrière l’icône
Si nous connaissons tous de près ou de loin la célèbre Dalida, actrice et chanteuse d’origine italo-égyptienne et découverte en France dès la fin des années 1950, son histoire personnelle reste toutefois rarement dévoilée au grand public. Lepetitjournal.com/Lisbonne a dressé un rapide portrait de cette célébrité au destin tragique.

Née au Caire de parents italiens en 1933, elle souffre d’une infection aux yeux et se retrouve obligée de porter des lunettes jusqu’à l’âge de 16 ans. De cette expérience naîtra en elle un profond désir d’affirmer sa beauté, sa féminité. Elle devient alors mannequin puis “Miss Egypte” en 1954. A 21 ans, elle arrive à Paris avec l’espoir de faire carrière dans le cinéma, et finit chanteuse dans les cabarets, où elle est repérée par Bruno Coquatrix, puis par Eddie Barclay, à l’époque jeune producteur, ainsi que Lucien Morisse, lors de sa prestation à l’Olympia pour le concours “Les numéros 1 de demain”. Lucien Morisse, alors directeur des programmes d’Europe 1, tombe sous son charme et décide de prendre la carrière de la jeune femme en main. Dalida sort en 1945 Madona, son tout premier 45 tours. Elle enchaîne ensuite les tubes comme Bambino, Come prima, J’ai rêvé, et son succès résistera aux différentes vagues des années 1960. Reconvertie au twist puis au disco dans les années 1970, en passant par des reprises légendaires telles que Avec le temps de Léo Ferré ou encore Je suis malade de Serge Lama, Dalida reste une chanteur hétéroclite connue pour avoir traversé les époques et les genres musicaux.

Cependant, le public lui, connaît moins sa tragique histoire personnelle et sa quête perpétuelle de l’amour fou. Après avoir perdu son père à l’âge de 12 ans suite à l’enfermement de ce dernier au camp Fayed lors de la Seconde Guerre Mondiale, elle enchaîne, adulte, les relations amoureuses tumultueuses. Mariée puis divorcée de Lucien Morisse entre 1961 et 1962, elle vit dans le même temps une aventure avec le peintre Jean Sobieski jusqu’en 1963. Plus tard, elle rencontre le chanteur italien Luigi Tenco qui se suicide suite à son échec au Festival de Sanremo en 1967. Dix jours après avoir découvert son compagnon décédé dans sa chambre d’hôtel alors qu’ils avaient prévu de se marier, elle est retrouvée inanimée en raison d’une surdose de barbiturique et reste plongée cinq jours dans le coma. Elle tombe ensuite enceinte d’un étudiant italien de dix huit à qui elle dédiera sa chanson Il venait d’avoir 18 ans. Elle décide finalement d’avorter ce qui la rendra stérile, autre drame de sa vie.  Elle apprend en 1970 que son ancien mari Lucien Morisse s’est donné la mort de manière inexpliquée. Plus tard en 1983, elle fait la rencontre de Michel Chanfray avec qui elle vivra une idylle durant neuf années. Ce dernier mettra également fin à ses jours deux ans après leur rupture.
 
Rencontre avec la réalisatrice, Lisa Azuelos
 
Lepetitjournal.com/Lisbonne : Quelques mots sur votre parcours ?
Lisa Azuelos : J’ai toujours voulu faire du cinéma mais j’ai eu mon bac très tôt, j’ai donc fait des études jusqu’à mes 18 ans parce que mes parents ne voulaient pas que je fasse du cinéma. Et puis j’ai fait une maîtrise pour ensuite travailler dans la finance. Je me suis finalement rendue compte que je détestais ce métier, ce qui m’a donné la force de quitter ce secteur professionnel et de  me lancer dans le cinéma.
(@photo Margarida Ramalho)

Vous avez réalisé plusieurs films qui relèvent plutôt du genre comique, comme “LOL” ou encore “Comme t’y es belle !”. Le film “Dalida” est un drame, qu’est ce qui vous a donné envie de réaliser la biographie de cette personnalité ?
J’ai eu envie de faire un film sur Dalida car je trouvais son questionnement sur le sens de la vie intéressant. C’est quelqu’un qui, dans un premier temps, se laisse vaincre par la vie puisqu’elle tente de se suicider, et qui finalement en réchappe. S´ensuivent alors 20 années de questionnement durant lesquelles elle sait que la mort représente la solution de facilité. Elle essaie de trouver un intérêt à la vie par ses propres moyens, et elle a compris pour avoir expérimenté ce que l’on appelle l´expérience de mort iminente que ce n'est pas si dramatique.
 
Vous avez choisi de travailler davantage sur l'angle personnel de sa vie, en montrant avant tout Iolanda Gigliotti, la femme sensible, plus que Dalida, l'icône de la chanson française. Pourquoi ce choix ?
Il y a eu beaucoup de documentaires qui ont été fait sur sa vie professionnelle, et moins sur sa vie personnelle. Je trouvais ça plus cinématographique de s'intéresser à la personne plutôt qu'à l´actrice.
 
Comment avez-vous découvert Sveva Alviti, qui joue le rôle de Dalida ?
J'ai fait un très gros casting de plus de 200 personnes et je suis tombée sur la perle rare. Je ne saurais pas expliquer ce qui m'a plus chez elle, un casting c'est un peu comme tomber amoureux. Sans savoir exactement pourquoi, je savais que c’était elle. Au delà de la ressemblance physique, elle avait une grâce et une fêlure que personne d'autre n'avait et que je trouvais très intéressantes.
 
Comment avez-vous procédé pour les autres interprètes?
Ils n'ont pas été difficile à trouver, ça a été un casting très facile même. Je savais dès le début qui je voulais pour chaque rôle, et les acteurs que j'ai sollicités ont tous accepté de jouer dans mon film.
 
Quel a été le rôle d'Orlando, le frère de Dalida, dans la réalisation du film ?
Orlando m'a beaucoup aidé en me racontant des histoires personnelles de leur enfance, à lui et sa sœur. C'était davantage le Orlando enfant et frère que le Orlando manager qui m'intéressait, donc je lui ai posé énormément de questions personnelles. Il m'a également ouvert les cahiers intimes de Dalida, il m'a laissé entrevoir sa vie. Et il a adoré le film,  il en est très fier.
 
Quelle est la part de fiction que vous avez ajouté à ce biopic ?
Tous les passages sur sa vie intime, je ne les ai évidemment jamais vécu avec elle. Concernant le scénario, ce ne sont que des faits réels, j'ai simplement pris des libertés sur les détails, en particulier dans ses relations avec les hommes, mais c'est incontournable lorsque l'on raconte l'histoire de quelqu'un d'autre. Ce film est mon interprétation de sa biographie. Et je pense que de tous mes films, Dalida est celui qui me ressemble le plus, de très loin.
 
Vous venez d'assister à l'avant-première de votre film à Lisbonne. Quelles ont été les réactions du public portugais par rapport au public français ?
C'est le premier film que je sors depuis que j'ai activé le réseau facebook, ce qui m'a permis d'être en lien direct avec le public. J'ai eu énormément de retours très positifs, à la fois de la part des fans, et de l’ensemble des spectateurs. Toutes les réactions ont été très bienveillantes. Concernant l'avant-première à Lisbonne, tous les spectateurs présents dans la salle ont adoré le film, nous verrons bien par la suite quelles sont les réactions dans les autres pays.
 
Avez-vous d'autres films en préparation ?
Pour Dalida il est prévu que je parte à Montréal et aux Etats-Unis. Sinon mon prochain film s’appellera “Mon bébé” et traitera du thème de la famille, avec l'histoire du départ du dernier enfant de la maison des parents.

Elise Dubourg (www.lepetitjournal.com/lisbonne.html) vendredi 21 avril 2017

 
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